Jeudi 20 mars 2008

« Les films X sont au cinéma ce qu’est la musique militaire à la musique. Et encore, je suis dur pour la musique militaire car elle est parfois émouvante. Depuis que je suis abonné au câble je peux voir, à la seule condition d’entrer un code confidentiel, des films dits pornographiques. Bien entendu, je ne suis pas le seul à avoir ce privilège – si privilège il y a – parce que lesdits films sont accessibles non seulement sur les chaînes spécialisées, mais aussi sur les chaînes classiques ou grand public. [...] La vision récente de quelques scènes pornographiques m’amène à cette réflexion que bien d’autres ont dû faire avant moi et que je livre aux lecteurs.

 

Après tout, voir un couple faire l’amour n’a rien de choquant. Ce peut même être un spectacle agréable, divertissant, excitant, encore qu’il vaut nettement mieux le faire que regarder le faire. Voir deux hommes se faire des papouilles ou bien pire est certes plus discutable, mais il en faut pour tous les goûts. Soyons dans le vent ! Faire des gros plans sur le sexe, voire des quasi-endoscopies est à mon sens à la limite du présentable, mais enfin passons puisqu’il y a des amateurs, donc un marché. Ça peut plaire à certains. Montrer une femme se faire pénétrer brutalement par tous ses orifices par des tringleurs agités et infatigables est franchement peu agréable à regarder. De plus, c’est offensant. Enfin, quand ces hurluberlus doivent mettre un terme à leur prestation et qu’ils éjaculent bruyamment sur le visage de leur pauvre partenaire, c’est révoltant. C’est plus que je ne peux supporter.

 

J’ignore si les féministes patentées, les chiennes de garde et autres porteuses de banderoles ont réagi et comment elles l’ont fait. J’ignore aussi si la Ligue des droits de l’homme s’est penché sur la question. J’ignore aussi si les partis politiques ont pris parti sur ce problème. J’ignore enfin si nos gouvernants toujours enclins à protéger ses citoyens contre l’alcool, le tabac, la drogue, la vitesse ou le téléphone au volant ont effectivement agi. Peu importe puisqu’ils n’ont pas fait cesser cette industrie – qui semble-t-il continue à prospérer – ni modifier son contenu dans ce qu’il avait d’inadmissible et d’outrageant. »

 

Jean Massicot, Agoravox, 6 mars 2008

 

 

Sur le même sujet :   la  Pornographie  Américaine  en  Chiffres

par Unité Populaire publié dans : réflexions sur l'actualité
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Mardi 29 janvier 2008
« En France, c'est le film Dupont Lajoie (Yves Boisset, 1974) qui illustre de manière à la fois emblématique et caricaturale, l'acte de naissance d'une nouvelle gauche, dont le mépris des classes populaires, jusque-là assez bien maîtrisé, pourra désormais s'afficher sans le moindre complexe. C'est, en effet, au lendemain de la défaite sanglante du peuple chilien, défaite dont le pouvoir alors traumatisant est aujourd'hui bien oublié, que cette nouvelle gauche s'est progressivement résolue à abandonner la cause du peuple (dont chacun pouvait désormais mesurer les risques physiques que sa défense impliquait) au profit d'une réconciliation enthousiaste avec la modernité capitaliste et ses élites infiniment plus fréquentables. C'est alors, et alors seulement, que l'"antiracisme" (déjà présenté, dans le film de Boisset, comme une solution idéale de remplacement) pourra être méthodiquement substitué à la vieille lutte des classes, que le populisme pourra être tenu pour un crime de pensée et que le monde du showbiz et des médias pourra devenir la base d'appui privilégiée de tous les nouveaux combats politiques, aux lieux et place de l'ancienne classe ouvrière. »

 

Jean-Claude Michéa, "L’Empire du Moindre Mal : Essai sur la Civilisation Libérale " (Climats, 2007)

 

Du même auteur :   Cette  Démocratie  qu’ils  Appellent  Populisme    les  Féministes  Libérales  et  la  Déconstruction    Morale  et  Classes  Sociales

par Unité Populaire publié dans : réflexions sur l'actualité
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Lundi 24 décembre 2007

« Ne se proposant plus de travailler à l’avènement d’une autre société possible, la gauche ne peut plus avoir d’autre ambition que d’ajouter un peu de "conscience sociale" à des évolutions jugées irrésistibles. A l’ultralibéralisme, elle se contente donc d’opposer un "social-libéralisme" qui ambitionne d’infléchir un peu la mise en oeuvre des évolutions en cours, sans plus en contester les fondements. Le réformisme triomphe ainsi complètement, et avec lui l’idée qu’on peut seulement "aménager" ou réformer à la marge une fuite en avant que rien ne saurait véritablement endiguer.

 

Cette dérive a certes ouvert à la gauche de la gauche un espace politique où des acteurs plus radicaux cherchent à s’implanter, mais sans offrir d’autre alternative qu’une surenchère verbale à tonalité essentiellement morale. Le verbiage gauchiste conjugue posture révolutionnaire immature, base sociale bourgeoise, ultralibéralisme en matière de moeurs et surenchère moraliste à des mobilisations ponctuelles en faveur de secteurs de plus en plus périphériques de la société. On ne trouve chez ces groupes aucun véritable programme, aucune alternative clairement définie, mais – comme aussi chez beaucoup d’altermondialistes – un discours sans contenu assorti d’une ignorance totale de ce qu’est la politique. La plupart de bornent à faire dans l’assistance "humanitaire". Les plus "révolutionnaires" s’intéressent plus au lumpenprolétariat qu’au peuple, aux marginaux et aux sans-papiers qu’à la classe ouvrière à laquelle ils ne croient plus. Leur erreur est de croire qu’ils trouveront une force révolutionnaire de rechange dans ce que Marcuse appalait les "sinistrés du progrès", improbable catégorie recouvrant surtout aujourd’hui les travailleurs clandestins, le lumpenprolétariat, la "racaille" des banlieues, etc. C’est là une faute stratégique majeure, car le peuple se sent profondément étranger à cette catégorie, dont il réprouve souvent carrément les agissements (ce qui se comprend aisément car il en est la première victime).

 

Une erreur parallèle consiste à faire consister l’action politique de gauche dans la défense et la promotion des modes de vie alternatifs défendus par les groupes ultraféministes, les homosexuels, les partisans de la dépénalisation de la drogue, ce qui revient à militer pour un libéralisme culturel qui, sous couvert de déstabiliser conventions et préjugés, exalte à la manière bobo toutes sortes de comportements marginaux, dont il s’applique à faire autant de normes nouvelles. Cette façon de faire est l’héritière directe de l’hédonisme bourgeois (qui n’a cessé de coexister avec le bourgeoisime vieux style, austère et bien-pensant), voire un libertinage antisocial qui, comme tel, a toujours profondément choqué la common decency populaire. »

 

Alain de Benoist, interviewé par Rébellion n°26, septembre-octobre 2007

 

Autres réflexions d’Alain de Benoist :   les  Deux  Mai  68

 

Site des Amis d’Alain de Benoist

 

Sur le même sujet :   de  la  Gauche  des  Masses  à  la  Gauche  des  Marges      Gauche  Sociale  contre  Gauche  des  "Valeurs"      la  "Gauche"  Social-démocrate  contre  le  Peuple

par Unité Populaire publié dans : réflexions sur l'actualité
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Mardi 18 décembre 2007

« Avec Villiers-le-Bel, beaucoup découvrent ce qu’une tradition de gauche a longtemps enseigné, depuis Hugo, Marx et Jaurès : on peut être à la fois victime et criminel. La misère sociale produit aussi du négatif. Ce dilemme pénible, défi de tout projet progressiste, a été oublié en France. Sur la question du lumpenprolétariat, Marx a été abandonné pour Sartre et surtout pour Foucault, qui plaçait ses espoirs dans la marginalité criminelle de la "plèbe". Dans un fameux dialogue avec André Glucksmann, Michel Foucault expliquait qu’il fallait miser sur "les plus prêts à passer à l’action immédiate et armée" contre un prolétariat intoxiqué par la "morale dite universelle" que représentent "les idées bourgeoises concernant le juste et l’injuste, le vol, la propriété, le crime, le criminel". [...] Depuis deux décennies, les élites de gauche n’ont cessé de privilégier la marge contre le reste du peuple. »

 

 Eric Conan, Marianne, 1er au 7 décembre 2007

par Unité Populaire publié dans : réflexions sur l'actualité
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander

Recherche

Calendrier

Juillet 2008
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Derniers Commentaires

Texte Libre

Blog : Photo sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus