« Comment faire de son divorce une fête ? Une agence lausannoise
lance les cérémonies de rupture. En attendant le salon du divorce. [...] Depuis l’automne dernier, [la société lausannoise Bulles] s’est spécialisée dans l’organisation de fêtes de rupture.
"Le but est de dédramatiser le divorce et de marquer le début d’une reconstruction personnelle" explique la directrice Véronique Lagorce. Ces
cérémonies sont apparues aux Etats-Unis. [...] Au programme : cérémonie laïque suivie d’une partie festive avec danse, tourte, champagne et confettis. "Ces rencontres sont souvent rythmées par de nombreux actes symboliques, parfois assez violents, comme celui d’enterrer l’alliance, de brûler la robe de mariée ou de
jeter des objets appartenant au couple" raconte la directrice, de retour d’un séjour aux Etats-Unis. [...]
Pour faire connaître ses divorce
parties, Véronique Lagorce organise le premier salon suisse du divorce à Lausanne en mars prochain. "Ensemble pour un Nouveau Départ" regroupera des représentants issus du droit, des
services, du bien-être ou encore de l’immobilier. [...] Autre projet à venir : commercialiser des tourtes spécialement conçues pour les divorcés. Les premières créations des confiseurs
romands seront dévoilées dans une quinzaine de jours. [...]
Mais n’y a-t-il que du bon à exhiber un acte traditionnellement associé à un
échec et à en faire du commerce ? Le sociologue genevois Eric Widmer, lui, estime que les représentations sociales du divorce vont évoluer. "Le
divorce est en phase de devenir une transition normae du parcours de vie. La divorce party suit l’évolution sociale, elle n’aurait jamais fonctionné
dans les années soixante" précise le professeur à l’Université de Genève et directeur du Centre d’études des parcours et modes de vie. [...] Reste que ces cérémonies de rupture concernent
surtout les classes sociales qui ont les moyens financiers et culturels de traverser un divorce avec optimisme. Le reste du temps, la séparation est encore vécue comme une profonde rupture, un
traumatisme, et la crainte du qu’en-dira-t-on est forte. Ces résistances vont-elles durer ? Probablement pas, d’après Eric Widmer : "Dans trente
ou quarante ans, passer une vie entière avec un même conjoint sera peut-être impensable." »
"Divorce à l’amiable", Le Temps, 21 janvier 2008
Sur le même
sujet : Jouons un Peu – Jusqu’où Va-t-on
Descendre ?
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« Le poids des intérêts représentés dans le cadre de ces séances et la débauche de moyens engagés pour faire des affaires ne semblent
proportionnelles qu’à l’insistance avec laquelle les organisateurs du Forum véhiculent l’image de réunions désintéressées. Pour la majorité des participants, le World Economic Forum ne constitue
guère plus qu’une infrastructure hôtelière leur permettant d’enchaîner les rendez-vous. [...] La montée en puissance de l’opposition au Forum et les menaces réelles ou supposées à son encontre
ont rapidement fait grimper les dépenses. En 2008, elles atteignent plus de 8 millions de francs, dont les trois quarts environ sont couverts par les pouvoirs publics. Le coût social et financier
en faveur d’une entreprise strictement privée fait ponctuellement l’objet d’un vif débat en Suisse. [...] Coupés de la société et sans délégation formelle d’autorité à leur égard, plus leur
influence est grande, plus manifeste devient leur déficit de légitimité. [...] Tôt ou tard, une telle situation favorise le développement de forces sociales contestant l’existence même des clubs
d’élite transnationales. »
Jean-Christophe Graz, professeur à l’IEPI (Université de Lausanne) et Patrick
Csikos, "Davos face à ses limites", Le Temps, 24 janvier 2008
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Dans Le Temps du 10 décembre, Christian Levrat, socialiste romand bien connu, se confie à D.S.
Miéville :
« Comment Christian Levrat, dirigeant syndical, se situe-t-il dans
l’opposition entre les syndicalistes et les bobos à laquelle on ramène volontiers les courants qui traversent et divisent le Parti Socialiste ? C’est la question qui provoque le plus long
silence et laisse la fourchette suspendue au dessus de la tranche de porc à la sauce au gorgonzola. Manifestement, Christian Levrat n’adhère pas vraiment à ce genre de catégorisation.
"C’est une simplification extrême, il y a bien d’autres courants au sein du parti, proteste-t-il. Et quand je
parle de bobos, je fais référence à l’électorat. C’est vrai que cela faisait partie de notre stratégie électorale d’essayer de conquérir les jeunes urbains aisés. Ce qui est amusant, c’est que
les radicaux avaient les mêmes objectifs et les mêmes consultants". »
Amusant, vraiment ?... Rappelons à tout hasard qu’avant d’entrer au Parti
Socialiste, Christian Levrat avait occupé un poste dans les Jeunesses Radicales ("centre" droite). Que ces deux partis du centre briguent le même électorat ne nous étonnera pas outre mesure – un
seul programme avec deux dialectiques différentes (du moins dans la forme).
Sur le même sujet : les Bobos ou les Métallos : le
PS doit Choisir
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Quelques mots ici au sujet de Chantal Galladé, une femme dont je n’avais jamais entendu parler avant de lire l’article
que L’Hebdo lui a consacré récemment, et sur laquelle je ne suis pas encore en mesure de me faire une
opinion. Je me méfie a priori – et j’ai mes raisons – de tout individu encarté à un certain parti se proclamant encore socialiste en dépit de tous les reniements qui ont jalonné son
histoire récente. Le retour en Suisse de quelques socialistes marginaux à un discours un peu plus musclé (sécurité, responsabilité, autorité, etc.), c’est-à-dire un retour au discours historique
de la gauche (que les gauchos d’aujourd’hui relisent un peu Marchais, ils en tomberont des nues) est certainement une bonne chose mais cela ne suffira pas à sauver le Parti Socialiste Suisse, de
même que les intéressantes audaces de M. Chevènement n’ont pas suffi à sauver le Parti Socialiste Français. Rappelons-nous aussi
qu’une certaine Mme Royale a tenu à un moment donné des propos assez proches de ceux de Chantal Galladé mais qu’au-delà des arguments démagogiques, le reste du discours n’a pas suivi. Mais, avant
de condamner, laissons une chance aux libres penseurs, même issus du PS, et prêtons l’oreille aux propositions de cette socialiste zürichoise qui n’a pas la langue dans sa poche et qui fait
preuve d’un pragmatisme de bon aloi :
« Citer le nom de Chantal Galladé devant la plupart des militants
socialistes provoque hochement de tête navré, pincement de lèvres excédé ou sursaut d’effroi. "Ca, une socialiste ! " s’indigne une douairière du parti, comme on aurait dit, il y a
une centaine d’années, "Ca, une demoiselle ! " S’inquiéter de la violence des jeunes fait partie de ces sujets qu’une jeune femme de gauche bien rangée ne devrait même pas
soupçonner. [...]
La jeune zurichoise prétend
opposer des réponses de gauche aux thèmes favoris de la droite populiste. [...] Chantal Galladé s’est
émue, entre autres tragédies, de l’histoire de ce meurtrier de 16 ans, déjà poursuivi deux ans plus tôt pour actes de violence, mais que l’on avait relâché dans la rue, faute de lui trouver une
place dans une institution spécialisée. Donc, s’ils n’ont pas 15 ans, on attend... jusqu’à ce qu’ils commettent un nouveau délit. En espérant, si l’on ose dire, qu’ils aient alors atteint l’âge
légal d’être emprisonnés. "Pour moi, affirme Chantal Galladé, les jeunes délinquants ont besoin de quelque chose qui s’appelle punition, même si l’on accompagne cette punition de
pédagogie et de thérapie. Comment voulez-vous qu’ils comprennent la gravité de leurs actes si on les laisse en liberté ?" [...]
Chantal Galladé comprend que ses propositions aient pu susciter quelque
émotion dans le sérail socialiste, mais "on est bien obligé de vivre dans la réalité." Et l’une des réalités zurichoises, c’est la criminalité, même si ce n’est pas seulement celle des
jeunes. On ne peut ignorer non plus "l’extraordinaire puissance de l’UDC", explicable en partie du moins par le fait que le parti de Christophe Blocher a pris au sérieux les problèmes
des gens, leur crainte de la violence en particulier. "Nous aussi, nous devons les prendre au sérieux, quitte à faire d’autres propositions" dit Chantal Galladé, "mais sans nous
voiler la face". »
Pierre-André Stauffer, "Une socialiste sur les terres de l’UDC",
L’Hebdo, 22 novembre 2007
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Mercredi 21 novembre 2007
Quelques passages extraits du Matin du 21 novembre :
page 4 – Elle noie son fils de six ans. Une mère tue son jeune enfant et dépose
sa dépouille sur le lit.
page 7 – Cinq joueurs de Super League, un joueur de l’équipe des M21 et trois
anciens joueurs devront répondre d’abus à l’intégrité sexuelle d’une mineure. Idem pour cinq personne évoluant dans l’entourage de certains joueurs ou de la groupie. [...] Comme l’adolescente [de
15 ans] n’était pas consentante avec eux, même si elle n’a pas opposé de résistance, ils sont accusés d’avoir commis des actes sexuels sur une personne incapable de discernerment ou de
résistance. [...] L’adolescente élégante qui couchait avec ses idoles suivait les matchs du FC Thoune avec sa maman, également supportrice du club.
page 7 – Le procès d’un hôtelier-restaurateur du Val-de-Ruz, accusé de viols et
d’abus sexuels sur 23 de ses employées [mineures pour certaines] a débuté hier devant la Cour d’assises de Neuchâtel. Le ministère a requis huit ans de prison. L’accusé nie en bloc.
page 8 – Empoisonnée au toluène. Le résultat de l’autopsie de la petite Ylenia a
été publié lundi, plus de trois mois après la découverte de son corps.
page 10 – Le psychiatre Bruno Gravier décode les déclarations de l’agresseur
sexuel présumé de vingt sept femmes, pour la plupart âgées. [...] Il s’agirait ici d’une attirance fétichiste pour les personnes âgées. Une perversion inhabituelle mais pas exceptionnelle. [...]
Ronald [l’agresseur] déclarait qu’il a été victime d’attouchements à deux reprises dans sa jeunesse, à 8 et 15 ans.
page 11 – Fillette violée par des garçonnets de 8 et 9 ans. Trois écoliers sont
accusés d’avoir forcé une fille de 11 ans à les accompagner dans un bois où ils l’auraient agressée sexuellement. [...] Brandon Leblanc, le père du garçonnet de 8 ans, affirme que son fils a été
injustement accusé et que l’acte sexuel était librement consenti [!].
Vous en tirerez les conclusions que vous voulez...
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Et les lauréats (lauréates en l’occurence) de l’affiche la plus minable de la
campagne électorale sont... les Femmes Radicales ! Bravo à elles qui ont compris que le meilleur moyen de répondre au racisme, c’est par un racisme à peine différent – mais plus rigolo,
paraît-il. Les "moutons noirs" dont il est question ne manqueront pas d’apprécier à ce quoi les réduisent nos petites bourgeoises locales. Mais je me suis laissé dire que le Parti Radical avait
connu de meilleurs dimanches...
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Enfin une analyse lucide sur la responsabilité de l’ensemble des partis dans les résultats électoraux
de ce dimanche :
« Et, pendant ce temps, la gauche, angélique, en appelle à la vigilance
antiraciste, sans prendre au sérieux les situations où les gens sont tentés de devenir racistes. Je suis sûr que si tous les partis avaient réfléchi ensemble cette situation avec l’intention
réelle et manifeste d’agir pour aider les gens qui s’en sentent victimes, l’UDC ne serait pas la gagnante qu’elle est aujourd’hui. L’UDC capitalise
un maximum sur des problèmes laissés en deshérence par les autres partis. L’autre grand regret que j’ai est le vide qu’on a laissé toutes ces dernières années sur les raisons de
l’attachement aux valeurs nationales. Le patriotisme a été abandonné à l’UDC. [...] Dans les couches populaires, il existe un véritable sentiment
d’adhésion au pays, une sympathie naturelle. Mais si vous dites pendant des dizaines d’années que cela ne vaut rien, vous aurez la revanche des gens qui voteront
UDC. »
Ueli Windish, sociologue genevois, Le Temps, 22 octobre
2007
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« En matière de fiscalité, le Parti Démocrate-chrétien (PDC) soutient la concurrence entre cantons, un alignement à la baisse de la
charge fiscale des entreprises sur celle des Etats européens les plus favorables. [...] [Il] défend le principe de l’autorégulation bancaire et financière [...] et aimerait voir figurer des
représentants de l’économie dans le Conseil des hautes écoles. »
Willy Boder, "PDC : l’ouverture des marchés", Le Temps, 1er octobre 2007
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