Vendredi 1 février 2008

« Comment faire de son divorce une fête ? Une agence lausannoise lance les cérémonies de rupture. En attendant le salon du divorce. [...] Depuis l’automne dernier, [la société lausannoise Bulles] s’est spécialisée dans l’organisation de fêtes de rupture. "Le but est de dédramatiser le divorce et de marquer le début d’une reconstruction personnelle" explique la directrice Véronique Lagorce. Ces cérémonies sont apparues aux Etats-Unis. [...] Au programme : cérémonie laïque suivie d’une partie festive avec danse, tourte, champagne et confettis. "Ces rencontres sont souvent rythmées par de nombreux actes symboliques, parfois assez violents, comme celui d’enterrer l’alliance, de brûler la robe de mariée ou de jeter des objets appartenant au couple" raconte la directrice, de retour d’un séjour aux Etats-Unis. [...] 
 

Pour faire connaître ses divorce parties, Véronique Lagorce organise le premier salon suisse du divorce à Lausanne en mars prochain. "Ensemble pour un Nouveau Départ" regroupera des représentants issus du droit, des services, du bien-être ou encore de l’immobilier. [...] Autre projet à venir : commercialiser des tourtes spécialement conçues pour les divorcés. Les premières créations des confiseurs romands seront dévoilées dans une quinzaine de jours. [...]

 

Mais n’y a-t-il que du bon à exhiber un acte traditionnellement associé à un échec et à en faire du commerce ? Le sociologue genevois Eric Widmer, lui, estime que les représentations sociales du divorce vont évoluer. "Le divorce est en phase de devenir une transition normae du parcours de vie. La divorce party suit l’évolution sociale, elle n’aurait jamais fonctionné dans les années soixante" précise le professeur à l’Université de Genève et directeur du Centre d’études des parcours et modes de vie. [...] Reste que ces cérémonies de rupture concernent surtout les classes sociales qui ont les moyens financiers et culturels de traverser un divorce avec optimisme. Le reste du temps, la séparation est encore vécue comme une profonde rupture, un traumatisme, et la crainte du qu’en-dira-t-on est forte. Ces résistances vont-elles durer ? Probablement pas, d’après Eric Widmer : "Dans trente ou quarante ans, passer une vie entière avec un même conjoint sera peut-être impensable." »

 

"Divorce à l’amiable", Le Temps, 21 janvier 2008

 

Sur le même sujet :   Jouons  un  Peu    Jusqu’où  Va-t-on  Descendre ?

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Samedi 26 janvier 2008
« Le poids des intérêts représentés dans le cadre de ces séances et la débauche de moyens engagés pour faire des affaires ne semblent proportionnelles qu’à l’insistance avec laquelle les organisateurs du Forum véhiculent l’image de réunions désintéressées. Pour la majorité des participants, le World Economic Forum ne constitue guère plus qu’une infrastructure hôtelière leur permettant d’enchaîner les rendez-vous. [...] La montée en puissance de l’opposition au Forum et les menaces réelles ou supposées à son encontre ont rapidement fait grimper les dépenses. En 2008, elles atteignent plus de 8 millions de francs, dont les trois quarts environ sont couverts par les pouvoirs publics. Le coût social et financier en faveur d’une entreprise strictement privée fait ponctuellement l’objet d’un vif débat en Suisse. [...] Coupés de la société et sans délégation formelle d’autorité à leur égard, plus leur influence est grande, plus manifeste devient leur déficit de légitimité. [...] Tôt ou tard, une telle situation favorise le développement de forces sociales contestant l’existence même des clubs d’élite transnationales. »

 

Jean-Christophe Graz, professeur à l’IEPI (Université de Lausanne) et Patrick Csikos, "Davos face à ses limites", Le Temps, 24 janvier 2008

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Lundi 24 décembre 2007

Dans Le Temps du 10 décembre, Christian Levrat, socialiste romand bien connu, se confie à D.S. Miéville :

« Comment Christian Levrat, dirigeant syndical, se situe-t-il dans l’opposition entre les syndicalistes et les bobos à laquelle on ramène volontiers les courants qui traversent et divisent le Parti Socialiste ? C’est la question qui provoque le plus long silence et laisse la fourchette suspendue au dessus de la tranche de porc à la sauce au gorgonzola. Manifestement, Christian Levrat n’adhère pas vraiment à ce genre de catégorisation. "C’est une simplification extrême, il y a bien d’autres courants au sein du parti, proteste-t-il. Et quand je parle de bobos, je fais référence à l’électorat. C’est vrai que cela faisait partie de notre stratégie électorale d’essayer de conquérir les jeunes urbains aisés. Ce qui est amusant, c’est que les radicaux avaient les mêmes objectifs et les mêmes consultants". »

Amusant, vraiment ?... Rappelons à tout hasard qu’avant d’entrer au Parti Socialiste, Christian Levrat avait occupé un poste dans les Jeunesses Radicales ("centre" droite). Que ces deux partis du centre briguent le même électorat ne nous étonnera pas outre mesure – un seul programme avec deux dialectiques différentes (du moins dans la forme).

Sur le même sujet :   les  Bobos  ou  les  Métallos :  le  PS  doit  Choisir

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Mardi 11 décembre 2007
Quelques mots ici au sujet de Chantal Galladé, une femme dont je n’avais jamais entendu parler avant de lire l’article que L’Hebdo lui a consacré récemment, et sur laquelle je ne suis pas encore en mesure de me faire une opinion. Je me méfie a priori – et j’ai mes raisons – de tout individu encarté à un certain parti se proclamant encore socialiste en dépit de tous les reniements qui ont jalonné son histoire récente. Le retour en Suisse de quelques socialistes marginaux à un discours un peu plus musclé (sécurité, responsabilité, autorité, etc.), c’est-à-dire un retour au discours historique de la gauche (que les gauchos d’aujourd’hui relisent un peu Marchais, ils en tomberont des nues) est certainement une bonne chose mais cela ne suffira pas à sauver le Parti Socialiste Suisse, de même que les intéressantes audaces de M. Chevènement n’ont pas suffi à sauver le Parti Socialiste Français. Rappelons-nous aussi qu’une certaine Mme Royale a tenu à un moment donné des propos assez proches de ceux de Chantal Galladé mais qu’au-delà des arguments démagogiques, le reste du discours n’a pas suivi. Mais, avant de condamner, laissons une chance aux libres penseurs, même issus du PS, et prêtons l’oreille aux propositions de cette socialiste zürichoise qui n’a pas la langue dans sa poche et qui fait preuve d’un pragmatisme de bon aloi :

 

« Citer le nom de Chantal Galladé devant la plupart des militants socialistes provoque hochement de tête navré, pincement de lèvres excédé ou sursaut d’effroi. "Ca, une socialiste ! " s’indigne une douairière du parti, comme on aurait dit, il y a une centaine d’années, "Ca, une demoiselle ! " S’inquiéter de la violence des jeunes fait partie de ces sujets qu’une jeune femme de gauche bien rangée ne devrait même pas soupçonner. [...]

 

La jeune zurichoise prétend opposer des réponses de gauche aux thèmes favoris de la droite populiste. [...] Chantal Galladé s’est émue, entre autres tragédies, de l’histoire de ce meurtrier de 16 ans, déjà poursuivi deux ans plus tôt pour actes de violence, mais que l’on avait relâché dans la rue, faute de lui trouver une place dans une institution spécialisée. Donc, s’ils n’ont pas 15 ans, on attend... jusqu’à ce qu’ils commettent un nouveau délit. En espérant, si l’on ose dire, qu’ils aient alors atteint l’âge légal d’être emprisonnés. "Pour moi, affirme Chantal Galladé, les jeunes délinquants ont besoin de quelque chose qui s’appelle punition, même si l’on accompagne cette punition de pédagogie et de thérapie. Comment voulez-vous qu’ils comprennent la gravité de leurs actes si on les laisse en liberté ?" [...]

 

Chantal Galladé comprend que ses propositions aient pu susciter quelque émotion dans le sérail socialiste, mais "on est bien obligé de vivre dans la réalité." Et l’une des réalités zurichoises, c’est la criminalité, même si ce n’est pas seulement celle des jeunes. On ne peut ignorer non plus "l’extraordinaire puissance de l’UDC", explicable en partie du moins par le fait que le parti de Christophe Blocher a pris au sérieux les problèmes des gens, leur crainte de la violence en particulier. "Nous aussi, nous devons les prendre au sérieux, quitte à faire d’autres propositions" dit Chantal Galladé, "mais sans nous voiler la face". »

 

Pierre-André Stauffer, "Une socialiste sur les terres de l’UDC", L’Hebdo, 22 novembre 2007

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Mercredi 21 novembre 2007

Quelques passages extraits du Matin du 21 novembre :

 

page 4 –  Elle noie son fils de six ans. Une mère tue son jeune enfant et dépose sa dépouille sur le lit.

 

page 7 –  Cinq joueurs de Super League, un joueur de l’équipe des M21 et trois anciens joueurs devront répondre d’abus à l’intégrité sexuelle d’une mineure. Idem pour cinq personne évoluant dans l’entourage de certains joueurs ou de la groupie. [...] Comme l’adolescente [de 15 ans] n’était pas consentante avec eux, même si elle n’a pas opposé de résistance, ils sont accusés d’avoir commis des actes sexuels sur une personne incapable de discernerment ou de résistance. [...] L’adolescente élégante qui couchait avec ses idoles suivait les matchs du FC Thoune avec sa maman, également supportrice du club.

 

page 7 –  Le procès d’un hôtelier-restaurateur du Val-de-Ruz, accusé de viols et d’abus sexuels sur 23 de ses employées [mineures pour certaines] a débuté hier devant la Cour d’assises de Neuchâtel. Le ministère a requis huit ans de prison. L’accusé nie en bloc.

 

page 8 –  Empoisonnée au toluène. Le résultat de l’autopsie de la petite Ylenia a été publié lundi, plus de trois mois après la découverte de son corps.

 

page 10 –  Le psychiatre Bruno Gravier décode les déclarations de l’agresseur sexuel présumé de vingt sept femmes, pour la plupart âgées. [...] Il s’agirait ici d’une attirance fétichiste pour les personnes âgées. Une perversion inhabituelle mais pas exceptionnelle. [...] Ronald [l’agresseur] déclarait qu’il a été victime d’attouchements à deux reprises dans sa jeunesse, à 8 et 15 ans.

 

page 11 –  Fillette violée par des garçonnets de 8 et 9 ans. Trois écoliers sont accusés d’avoir forcé une fille de 11 ans à les accompagner dans un bois où ils l’auraient agressée sexuellement. [...] Brandon Leblanc, le père du garçonnet de 8 ans, affirme que son fils a été injustement accusé et que l’acte sexuel était librement consenti [!].

 

Vous en tirerez les conclusions que vous voulez...

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Lundi 12 novembre 2007

Cessons de traîner le Parti Socialiste dans la boue, il s’en charge très bien tout seul, comme le montre cette confidence d’un gaucho-caviar complètement décomplexé et assez représentatif de ceux qui sont à la tête de ce parti d’arrière-garde :

 


« La mise en échec du Parti Socialiste interpelle le militant de base. Il y a au sein du parti deux grandes tendances. De manière caricaturale, d’un côté les "métallos", les syndicalistes, les défenseurs de la justice sociale, et de l’autre les "bobos", les modernistes, plus soucieux des problèmes de société et de la vie quotidienne. [...] Il est temps que le PS fasse son autocritique. Dans le domaine social, on peut se demander si la défense quasi systématique des acquis n’est pas parfois une facilité, le réflexe d’une gauche trop assise sur des concepts archaïques. [...] La défense des services publics ne doit pas se résoudre non plus à prôner le statu quo. Là aussi, il s’agit de s’adapter, de lâcher du lest dans certains domaines. [...] Il faut savoir abandonner les vieilles recettes qui ont eu leur heure de gloire mais qui ne sont plus d’actualité. Le conservatisme de gauche comme celui de droite veut ignorer l’évolution des modes de vie tout comme l’inéluctable mondialisation. C’est une erreur. »

 

Jacques Vallotton, membre du Parti Socialiste de La Tour-de-Peilz (VD), "PS : la guerre entre métallos et bobos ne doit pas avoir lieu", Le Temps, 29 octobre 2007

 

Sur le même sujet :   la  "Gauche"  Suisse  contre  le  Peuple  Suisse   la  Mondialisation  et  les  Contradictions  de  la  Gauche  Européenne    la  "Gauche"  Social-démocrate  contre  le  Peuple    Cocu  pour  Cocu...

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Mercredi 31 octobre 2007

« Les partis de gauche suisses sont dirigés par des apparatchiks syndicaux, des avocats ou de hauts fonctionnaires tous grassement payés. Ce sont des propriétaires de villas qui s’identifient aux autres propriétaires de villas, et non à l’ouvrier ou à la vendeuse exploités. Les politiciens de gauche suisses sont de fervents adeptes de la course aux pots-de-vins. A quelques rarissimes exceptions près, ce sont des opportunistes engagés en politique parce qu’ils espèrent, par ce moyen, "se faire des relations", obtenir une place juteusement rémunérée, ou décrocher une subvention dont ils se mettront l’essentiel dans la poche. Leur prétention de représenter le peuple est une imposture, au même titre que la prétention similaire de l’Union Démocratique du Centre (UDC) et des autres partis.

 

Depuis une vingtaine d’années, la gauche suisse est complice de la politique néolibérale de démantèlement social. Chacune des étapes de ce démantèlement social a été entérinée par les partis de gauche. Les dirigeants des partis de gauche sont les premiers à mettre le couvercle sur la marmite des revendications de la base et les découragent systématiquement en les qualifiant d’irréalistes ou d’utopistes. On ne compte plus le nombre de fois où les partis de gauche ont refusé de soutenir un référendum lancé par des chômeurs, des invalides ou d’autres catégories sociales victimes de la politique néolibérale. Dans le même temps, les dirigeants des partis de gauche se donnent des airs de "résistants" face à cette politique néolibérale. Militer pour la gauche suisse n’a aucun sens, car les militants sont systématiquement trahis par les dirigeants des partis de gauche, toujours disposés à s’entendre avec les dirigeants des partis de droite sur le dos de leur propre base. Plus un politicien de gauche ou un apparatchik syndical est vendu à la droite et plus les médias locaux se montrent complaisants à son égard. Il sera dépeint comme quelqu’un de raisonnable, pragmatique, avec qui on peut discuter, tandis que ceux qui refusent de faire des concessions sur le dos des pauvres et des exploités sont dépeints comme des extrémistes. On rejette hypocritement sur eux la responsabilités des suppressions d’emplois, comme si ces suppressions n’étaient pas décidées par les spéculateurs internationaux dans le but d’accroître leur dividende.

 

Les dirigeants du Parti Socialiste Suisse se sont tellement éloignés du commun des citoyens qu’ils redoutent d’être identifiés au "parti des perdants". Ce serait mauvais pour leur précieuse image. Dans l’espoir de s’attirer les votes de "la classe moyenne", ils ont tourné le dos aux exploités et aux plus démunis, se discréditant ainsi à leurs yeux. Le Parti Socialiste Suisse n’apparaît plus que comme un club d’opportunistes vivant sur l’héritage social construit par les générations précédentes, mais courant désormais après la droite néolibérale et se donnant pour modèle un Anthony Blair. »

 

Frank Brunner (Genève), Agoravox, 25 octobre 2007

 

Sur le même sujet :

                               - la  Mondialisation  et  les  Contradictions  de  la  Gauche  Européenne

                               - Cocu  pour  Cocu...

                               - la  "Gauche"  Social-Démocrate  contre  le  Peuple

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Lundi 22 octobre 2007
Et les lauréats (lauréates en l’occurence) de l’affiche la plus minable de la campagne électorale sont... les Femmes Radicales ! Bravo à elles qui ont compris que le meilleur moyen de répondre au racisme, c’est par un racisme à peine différent – mais plus rigolo, paraît-il. Les "moutons noirs" dont il est question ne manqueront pas d’apprécier à ce quoi les réduisent nos petites bourgeoises locales. Mais je me suis laissé dire que le Parti Radical avait connu de meilleurs dimanches...

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Lundi 22 octobre 2007

Enfin une analyse lucide sur la responsabilité de l’ensemble des partis dans les résultats électoraux de ce dimanche :

 

« Et, pendant ce temps, la gauche, angélique, en appelle à la vigilance antiraciste, sans prendre au sérieux les situations où les gens sont tentés de devenir racistes. Je suis sûr que si tous les partis avaient réfléchi ensemble cette situation avec l’intention réelle et manifeste d’agir pour aider les gens qui s’en sentent victimes, l’UDC ne serait pas la gagnante qu’elle est aujourd’hui. L’UDC capitalise un maximum sur des problèmes laissés en deshérence par les autres partis. L’autre grand regret que j’ai est le vide qu’on a laissé toutes ces dernières années sur les raisons de l’attachement aux valeurs nationales. Le patriotisme a été abandonné à l’UDC. [...] Dans les couches populaires, il existe un véritable sentiment d’adhésion au pays, une sympathie naturelle. Mais si vous dites pendant des dizaines d’années que cela ne vaut rien, vous aurez la revanche des gens qui voteront UDC. »

 

Ueli Windish, sociologue genevois, Le Temps, 22 octobre 2007

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Lundi 1 octobre 2007
« En matière de fiscalité, le Parti Démocrate-chrétien (PDC) soutient la concurrence entre cantons, un alignement à la baisse de la charge fiscale des entreprises sur celle des Etats européens les plus favorables. [...] [Il] défend le principe de l’autorégulation bancaire et financière [...] et aimerait voir figurer des représentants de l’économie dans le Conseil des hautes écoles. »

 

Willy Boder, "PDC : l’ouverture des marchés", Le Temps, 1er octobre 2007

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