Mercredi 23 avril 2008


« J'ai aussi lu avec attention et régularité ton blog depuis notre rencontre. J'ai donc pu apprécier et relayer les excellents documents que tu as publiés. Ces documents ont alimenté de nombreux débats très symptomatiques de la situation. [...] La mise en place, le déploiement, le résultat et le compte-rendu de votre action sont exemplaires. Votre finesse tactique et stratégique, tant dans la pratique que dans l'analyse, reflètent une véritable approche léniniste actualisée au XXIe siècle. En un mot, ça fait plaisir à voir. »

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Dimanche 20 avril 2008

La dernière campagne de prévention Love Life - Stop Sida s'est achevée cette semaine après quinze jours d'affichage. Un peu court ? Dans un premier temps, Adrian Kammer, chef des campagnes publicitaires de l'Office fédéral de la santé publique, explique au Matin Dimanche que la campagne a été suspendue dans les principales villes et agglomérations de Suisse, avant de préciser : «Deux semaines, c'est une durée normale; après cette première phase, une autre affiche sur le thème des vacances sera ajoutée en août, avec Tarzan pour personnage.»

Affichage normal ou retrait anticipé ? Une chose est sûre : jamais affiches n'ont suscité autant de réactions que celles qui ont illustré les situations extraordinaires de la vie où la vigilance peut baisser : la vie nocturne, (couple de spéléologues en train de batifoler parmi les stalactites et stalagmites), les fêtes bien arrosées (plongeurs accouplés entre deux eaux), et les voyages d'affaires.

Cette dernière, montrant deux cosmonautes masculins en train de bien faire sur la première exoplanète venue, a heurté les sensibilités. A Lausanne, il y a quinze jours, des mères ont recouvert le coït avant d'aller chercher leurs enfants à l'école proche d'un lieu d'affichage. Le week-end dernier à Neuchâtel, un mystérieux groupe a recouvert partiellement lesdites affiches, jugeant la campagne «vulgaire» et «écoeurante». «Il y a eu plus de réactions que pour d'autres campagnes, reconnaît Adrian Kammer, la plupart des réactions viennent de Romandie et du Tessin.» Allons bon, les Latins plus prudes que les Alémaniques? «Oui, sans doute, mais je suppose qu'il s'agit de raisons culturelles.»

Ivan Radja, "Le coït interrompu", Le Matin Dimanche, 19 avril 2008

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Vendredi 18 avril 2008
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Mercredi 16 avril 2008



Notre action de contre-affichage lancée à l’encontre de la dernière campagne de Stop Sida, campagne ayant profondément mécontenté une partie importante du public romand, prend fin cette semaine, avec la fin de ladite campagne. Ça aura été une action-éclair, étalonnée sur moins d’une semaine, mais cela reflète bien l’état du monde de la communication, où tout se déroule et se succède de plus en plus vite. Nous disions, au début de notre action : nous interviendrons systématiquement, via nos affichettes de protestation, sur les affiches de cette campagne de Stop Sida, jusqu’à ce que la dernière de leurs affiches ait disparu de nos villes. Cette promesse a été tenue. Il ne reste aujourd’hui dans nos villes qu’un très petit nombre de ces affiches (et elles seront remplacées à brève échéance) et ce petit nombre continue, au gré des déplacements quotidiens de nos sympathisants, de recevoir leur lot d’affichettes blanches estampillées Unité Populaire. Pari réussi donc.

 

On pourra longtemps se poser la question de savoir si la fin de cette campagne correspond à une planification décidée à l’avance par Stop Sida ou si elle est une réponse positive donnée à tous les citoyens de ce pays qui, à travers des partis, des associations ou des groupes comme le nôtre, ont manifesté leur ras-le-bol. Cette question n’a pas beaucoup d’importance, l’essentiel étant que ces affiches aient bel et bien disparu des murs de nos quartiers.

 

Nous pouvons féliciter nos militants, à Genève, Lausanne, Neuchâtel, Vevey et ailleurs, et nous pouvons aussi féliciter toutes celles et ceux qui, de leur côté, sont passés à l’action, à l’image de ces mères de famille lausannoises qui, pour la défense de leurs enfants et pour leur préserver un environnement sain, se sont mobilisées en masse pour faire retirer ces affiches. Et elles y sont parvenues ! Elles sont pour nous la preuve qu’avec le nombre et la détermination, on peut faire plier les instances les plus haut placées – là où il y a la volonté, il y a un chemin. Les médias ne nous ont pas beaucoup aidé – mais on n’en attendait pas mieux d’eux. L’Express a réussi à nous consacrer une colonne sans citer une seule fois le nom de notre groupe (il est paru un correctif le lendemain), et Canal Alpha nous a qualifié à deux reprises de « groupuscule »... Groupuscule ? Voilà qui fera sourire nos militants, de plus en plus nombreux et présents dans plusieurs régions de la Romandie. Laissons parler, laissons parler... Il en restera bien quelque chose.

 

Toutefois, ne nous leurrons pas : nous ne sommes pas une « avant-garde éclairée ». Nous ne sommes pas des précurseurs, nous sommes terriblement actuels. Nous ne sommes pas des pionniers, nous avons juste pris le train en marche. Nous n’aurions sans doute rien fait si nous ne nous étions pas sentis soutenus dans notre action ainsi que dans la démarche générale de notre projet politique par un nombre important de nos concitoyens. C’est parce que la majorité des gens avec qui nous avons parlé, dans la rue, sur nos lieux de travail, dans les cafés, dans nos familles, étaient du même avis que nous sur la dernière campagne de Stop Sida et la trouvaient vulgaire, racoleuse et en contradiction avec certaines de nos valeurs populaires les plus fondamentales, c’est pour cette raison-là, dis-je, que nous avons décidé d’intervenir sur le terrain public. On s’est beaucoup moqué de nous dans les milieux « libéraux », dans les universités, chez certaines communautés et dans les strates de la société les plus acquises à la nouvelle bourgeoisie ; on nous a même insultés, diffamés, traité d’homophobes, d’anti-modernes, de puritains, de fascistes... Exactement comme nous nous y attendions : la prévisibilité de ces gens-là confirme notre thèse sur les réflexes pavloviens induits chez certains individus par l’actuelle pensée unique du politically correct. Dans les milieux populaires, par contre, notre action a été fort bien reçue, et même souvent avec un certain enthousiasme. Se faire serrer la main chaleureusement par une caissière de grande surface deux heures après s’être fait traiter de réac par un ethnologue diplômé en dreadlocks est un plaisir de fin gourmet !

 

Or, pour qui avons-nous lancé l’action Jusqu’ou va-t-on descendre ? Pour cette caissière justement, pour elle et pour toutes les mères, pour tous les enfants assaillis quotidiennement par les publicités les plus douteuses sur le chemin de l’école, pour nos concitoyens engagés dans une vie conjugale et familiale équilibrée et à qui on impose constamment l’image faussée d’un libertinage foncièrement bourgeois et puisant ses outrances aux sources de l’esprit libéral. C’est pour tous ces gens-là que nous l’avons fait et c’est pour tous ces gens qu’Unité Populaire continuera d’exister et de faire son chemin, la tête haute et les mains propres, avec et pour le peuple, précisément parce que c’est de lui que nous sommes issus.

 

 

le comité directeur d’Unité Populaire

 

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Mercredi 16 avril 2008

Le week-end dernier, à Neuchâtel, des affiches de la campagne Stop Sida ont été partiellement masquées avec des slogans hostiles. Par voie de communiqué, un groupe politique jusqu’ici inconnu a revendiqué la paternité de cette action. Cette nouvelle organisation a son siège à Neuchâtel. Son coordinateur romand, David L’Epée, a fait ses premières armes en politique à la gauche de la gauche, auprès de SolidaritéS. Aujourd’hui, il estime que droite et gauche sont des termes dépassés. Il se définit comme « patriote souverainiste attaché aux valeurs familiales ». Pour lui, la tolérance prônée par la gauche et l’extrême gauche revient à « toujours pousser la masse à tolérer la marge ». D’où le combat contre la campagne en cours de Stop Sida, jugée « vulgaire », « écoeurante » et méprisant « la sensibilité des habitants de nos quartiers, à commencer par les enfants ».

 

 

Les militants du nouveau groupe et les citoyens sont invités à coller des slogans sur les affiches, sans les détruire et au moyen de scotch de carrossier, facilement détachable. Car David L’Epée n’est pas opposé au message de prévention, mais à la manière dont il est porté. Il reconnaît que l’action est illégale, mais il la juge légitime : « Nul besoin, pour sensibiliser la population, de recourir à la pornographie ! » juge-t-il.

 

L’Express, mardi 15 avril 2008



Rectificatif paru le lendemain dans L’Express :

 

Dans notre article d’hier, nous avons omis de préciser le nom du nouveau groupe politique né en Suisse romande et dont la première action est de lutter contre la campagne de Stop Sida. Ce groupe s’est baptisé Unité Populaire.

 

 

 

Une très brève dépêche également dans 20 Minutes :

 

 

Ils censurent Stop Sida.

Neuchâtel. Des jeunes militants de la région, choqués, proposent de télécharger sur leur blog des affichettes telles que : « Pensez à nos enfants » ou « Cette scène de coït vous est offerte par vos impôts ». Elles doivent permettre de couvrir les affiches controversées de la nouvelle campagne Stop Sida.

 

20 Minutes, 14 mars 2008

 

 

Vous pouvez également entendre un interview de David L’Epée sur RTN en cliquant ici ; c’est dans le journal de 18h00 du 14 avril, à environ sept minutes depuis le début.

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Lundi 14 avril 2008

Participez vous aussi, chez vous, au combat pour des rues propres et un affichage public décent ! 

Téléchargez ci-dessous nos cinq modèles d’affichettes (en format image JPG), avec cinq slogans différents, à imprimer et à photocopier en masse pour coller par-dessus les affiches de la dernière campagne de Stop Sida et ainsi protester contre l’invasion de notre espace public par des représentations pornographiques.


modèle 1 : « Pensez à nos enfants. »

 

modèle 2 : « L’Etat suisse doit-il financer la pornographie ? »

 

modèle 3 : « Vous trouvez ça normal ? »

 

modèle 4 : « Jusqu’où va-t-on descendre ? » 

modèle 5 : « Cette scène de coït vous est offerte par vos impôts. »
 

 


Veillez toutefois, pour conserver toute la dignité et la cohérence de notre action, à respecter les consignes suivantes :

 

- utilisez du schotch de carrossier (le scoth beige clair) car il déchire moins si certains essaient de l'enlever, ce qui nous disculpe de toute accusation de déprédation ou d’atteinte au matériel de la Société Générale d’Affichage (SGA)

 

- ne masquez JAMAIS les logos de Stop Sida ou de la Confédération ainsi que leurs slogans ou le symbole du préservatif : nous devons montrer que nous ne sommes pas contre le principe d'une campagne de prévention, bien au contraire, mais contre les méthodes utilisées

 

- Si une affiche a été vandalisée, déchirée ou taguée par quelqu'un, ne vous en occupez pas, car ces déprédations nous seront automatiquement associées, ce qu'il faut éviter.

 

Si nous nous attaquons chacun à quelques affiches dans toute la Suisse romande, les autorités responsables seront obligées d’écouter notre voix et de prendre en compte notre protestation !

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Samedi 12 avril 2008


L’organisation Stop Sida nous avait habitués, ces dernières années, à des campagnes d’affichage ne faisant pas forcément dans la dentelle et parfois peu respectueuses de la sensibilité de l’homme de la rue. En ce mois d’avril 2008, un nouveau cap a été franchi : nous avons droit, toujours au format mondial, à une joyeuse scène de copulation de spéléologues explicitement représentée ainsi qu’une autre de coït anal entre deux cosmonautes gays et souriants au dessous de la délicate mention « Même en voyage d’affaires, le préservatif s’impose ». Depuis quelques semaines, tous nos concitoyens, quel que soit leur âge, sont confrontés à ces affiches obscènes, placées généreusement à tous les coins de rue dans nos villes, jusque devant les écoles primaires, et ce avec le financement et la bénédiction de notre gouvernement (ou plus précisément de l’Office fédéral de la santé publique, dépendant du Département fédéral de l’intérieur). Lequel gouvernement, au prochain fait divers un peu sordide (et nous remarquons qu’ils ont tendance à se multiplier ces dernières années), se fendra sans doute d’un communiqué sentencieux sur la dégradation des moeurs dans notre bon peuple...

 

Lorsqu’on voit cela, on est en droit de se demander : jusqu’où va-t-on descendre ?

 

Nous ne remettons évidemment pas en cause la nécessité de campagnes de prévention efficaces contre le sida, que ce soit pour inciter à l’usage du préservatif ou à la réintégration sociale des sidéens (ce sont d’ailleurs deux des objectifs de cette organisation), mais tout est dans la manière. Stop Sida a prouvé par le passé – même si ce passé remonte déjà à assez loin – qu’il avait dans ses rangs des créateurs et des graphistes de talent, sachant faire passer des messages délicats avec humour, bon goût, et surtout avec pudeur. Nul besoin, pour sensibiliser la population, de recourir à la pornographie ! Il faut bien avouer que ces dernières années, dans le domaine de l’affichage public, en matière d’exhibition et de racolage, c’est la surenchère ; Stop Sida se croit peut-être obligé de rentrer dans cet engrenage pour rester « concurrentiel », pour pouvoir se faire remarquer dans la cohue publicitaire qui encombre notre espace public, cohue toujours plus envahissante et repoussant toujours plus loin les bornes de la décence.

 

Seulement, les citoyens de ce pays ne l’entendent pas sur ce ton-là. Nous voulons porter ici la voix des familles, la voix des mères qui se promènent avec leurs enfants en ville et se voient assaillies à tous moments par des images de femmes-objets dénudées, des sous-entendus grivois, quand ce ne sont pas des scènes explicites de sodomie. Nous voulons porter cette protestation au nom des Suisses et des autres, de toutes conditions et de toutes origines, qui parcourent nos rues chaque jour et sentent que ces rues ne sont plus à eux. Car c’est ainsi : il n’est plus ici chez lui celui qui, élevé dans des traditions familiales fortes et enracinées, voit son espace public pris d’assaut par les représentations les plus décomplexées, les messages les plus immoraux, tous inacceptables et en violente contradiction avec les valeurs de notre peuple – et, à ce que je sache, de tous les peuples du monde. C’est la voix de tous ces gens-là que nous voulons porter devant les fauteurs de désordre, la voix de cette écrasante majorité de nos concitoyens, majorité silencieuse qui a pris l’habitude de fermer le poing dans sa poche et de se taire, sachant bien qu’à la moindre protestation, au moindre doute exprimé au sujet de la pertinence de cette campagne, ils se feraient immédiatement rabrouer par les tenants habituels du système, avec le désormais inévitable discours de culpabilisation : madame, monsieur, vous êtes rétrograde, vieux-jeu, coincé, ringard, intolérant, homophobe, quand ce n’est pas pire encore. Détendez-vous, vous dit-on, soyez de votre temps : à quoi bon faire la fine bouche au même moment où vos chérubins s’échangent des films X sur leurs téléphones portables dans la cour de récré ? Et puis, du moment qu’ils se protègent, on peut tout montrer, n’est-ce pas ?

 

Cet exemple de la dernière campagne de Stop Sida, peut-être la plus écoeurante parmi celles dont nous sommes abreuvés ces derniers temps, n’en est toutefois qu’un parmi d’autres. Il est révélateur de la dérive – dérive à notre avis propre au système libéral – qui touche notre société du spectacle, société dans laquelle sous le prétexte de nous vendre quelque chose ou, comme ici, de remplir une mission d’intérêt public, on se permet de repousser toujours plus loin les limites et, sans le moindre état d’âme, de fouler aux pieds toutes nos valeurs les plus précieuses et les plus belles. Car, si ce n’est pas une attaque en règle contre nos valeurs, comment qualifier ces dernières campagnes de Stop Sida qui, successivement, entreprennent de banaliser les pratiques sexuelles marginales, de faire l’éloge de l’infidélité et de glorifier la prostitution, et le tout dans les formes les plus agressives et les plus crues ? Avec la caution du politiquement correct (idéologie de l’ouverture, de la tolérance et de l’indifférenciation) et la bonne conscience d’accomplir une action « humanitaire ».

 

Parce que nous comptons bien, en tant que citoyens de ce pays, garder un minimum de contrôle sur les quartiers où nous vivons, parce que nous voulons parler au nom de toutes celles et ceux que les pressions d’une certaine pensée unique découragent de protester haut et fort, et surtout parce que nous pensons à nos enfants, ces enfants qui ont le droit de se développer dans un environnement sain et à qui personne ne peut prétendre d’infliger de tels spectacles, nous allons très prochainement chercher des alliés à l’intérieur du Conseil national pour porter notre mécontentement devant le gouvernement et demander le retrait de la dernière campagne d’affichage de Stop Sida. Nous avons décidé d’agir sans plus attendre par nos propres moyens, notamment dans les villes de Lausanne, Genève et Neuchâtel, où vous aurez pu remarquer ces derniers jours que nous sommes intervenus physiquement sur les affiches ; renforcés dans notre intervention par une partie grandissante de l’opinion publique, nous avons toute légitimité à continuer ce que nous avons commencé. Nous invitons toutes celles et ceux qui veulent comme nous « des rues propres », dans tous les sens du terme, à se joindre à notre action et à manifester leur désapprobation de quelque manière que ce soit.

 

 

le comité directeur d'Unité Populaire

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